Et pourtant… l’Esprit de Dieu souffle au désert

        C’est avec ces mots d’une hymne de carême que j’introduis ma réflexion personnelle au sujet de la grave crise que traverse en ce moment notre Église. Oui, depuis quelque temps, nous avons le sentiment que celle-ci s’enfonce dans un abîme rarement atteint, avec la révélation de scandales qui touchent l’institution Église : crimes sexuels commis par des clercs, silence de la hiérarchie, décisions récentes difficilement compréhensibles. De quoi générer le désarroi chez beaucoup de ceux et celles qui avaient mis leur confiance en Elle, figure de Jésus-Christ notre sauveur. Un véritable désert, où l’Esprit de Dieu semble avoir laissé la place au démon.

        Et si ce désert était une chance pour un véritable renouveau ? En tout cas sûrement un appel à descendre du piédestal où la hiérarchie et les fidèles ont placé l’Église. Finis les apparats, les honneurs, les leçons de morale, les titres, la sacralisation de personnes ou de lieux. Place à l’écoute de la souffrance des victimes, à l’humble soumission à la justice des hommes, à la vérité. Quitte à vivre un dénuement extrême, celui de la croix. Alors le souffle de Dieu viendra à bout de notre faiblesse librement consentie, devenant ainsi notre force.

André Jobard

        Dans notre paroisse, des rencontres sont envisagées pour évoquer cette crise et chercher ensemble comment « réparer l’Église ».