L’église de Neuilly-lès-Dijon présente un plan en croix latine de type basilical. Construite en pierre et couverte d’ardoise, elle est dominée à l’ouest par un clocher carré à quatre versants à égout retroussé.
L’église est placée sous le patronage de Saint Victor, soldat martyr de Marseille. Dès l’an 801, elle est donnée à l’abbaye de Saint-Étienne de Dijon par Betto, évêque de Langres.

À l’origine, l’édifice se trouvait à l’intérieur de l’enceinte du château seigneurial. Devenue vétuste avec le temps, cette première église fut remplacée par une nouvelle construction.

Dans les années 1820, après un incendie ayant détruit l’église, le conseil municipal décide d’en reconstruire une nouvelle sur les vestiges de l’ancienne. Pour financer les travaux, une partie des biens communaux est vendue, tandis que les habitants participent au transport des matériaux.

Entre 1865 et 1870, l’église est agrandie :
• construction de deux chapelles latérales et d’une sacristie,
• modification visible dans le soubassement extérieur.
L’une des chapelles empiétant sur le parc du comte de Neuilly, un échange de terrain est réalisé avec la commune. Cette chapelle se distingue par un décor différent : sol, boiseries, autel en pierre et blason en clé de voûte.

En 1912, la chapelle est décorée par les artistes dijonnais Porcherot et Bouchardot.

Durant la Seconde Guerre mondiale, en 1944-1945, l’explosion d’un dépôt de munitions allemand détruit une grande partie des vitraux du XIXe siècle. Deux vitraux datés de 1876, signés Semprez et fils, subsistent dans la nef, ainsi que ceux de la sacristie, possiblement d’origine.

Les cloches, nommées Henriette-Marguerite et Georgette-Joséphine, célèbrent la Libération du village.

Transformations contemporaines de 1965 à 2011
Restauration intérieure ; suppression des grilles de balustrade et de chapelles. Le chœur, autrefois plus avancé dans la nef, est modifié. Travaux de toiture et de zinguerie. Installation d’un nouveau système de chauffage.
Importante rénovation sous la mandature du maire Daniel Gatin :
◦ retrait de la peinture vinylique,
◦ électrification des cloches,
◦ suppression de l’escalier du clocher,
◦ déplacement des fonts baptismaux vers la chapelle de la Vierge.
◦ Enfin une intervention est réalisée sur la toiture pour résoudre une fuite.

L’église conserve plusieurs éléments d’intérêt :
• Sur les piliers du chœur :
◦ une statue de Saint Victor (anciennement portée en procession),
◦ un Christ portant sa croix (brisée), datant du XVe siècle et classé monument historique.
• Un Christ en croix de procession et une croix en fer offerte par des soldats américains en 1944.
• Dans la chapelle de la Vierge :
◦ une statue de Saint Jacques de Compostelle reconnaissable à ses attributs de pèlerin (coquilles, chapeau),
◦ une céramique inspirée de Saint Jude, réalisée et offerte par Gustave Buonchristiani, habitant du village.

Une tradition voulait que la statue de Saint Victor change de maison chaque année. Lorsqu’un événement heureux survenait dans la famille qui l’accueillait, on disait : « C’est normal, ils ont le saint »

Avant les restaurations des années 1960, l’intérieur de l’église présentait :
• un plafond peint en bleu ciel parsemé d’étoiles,
• des peintures murales imitant des tentures sur les piliers.

Mai 2026, Sources : livre sur Neuilly et historien Denizot (archives de la Côte d’Or)